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1887 – Jean des Esseintes

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24×30

encre

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Contremaitre Elephant-Nain menant un Homme-Géant dans les carrières chocolatières de la Tache Rouge de Jupiter, juin 1887

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Contremaitre Elephant-Nain menant un Homme-Géant dans les carrières chocolatières de la Tache Rouge de Jupiter, juin 1887

 

Les Hommes-Géants d’Erinomé sont, à ce jour, l’unique espèce anthropomorphe découverte lors des expéditions à travers le système solaire (la supercherie de l’Homme Sauvage de Themisto ayant rapidement été éventée, se révélant n’être au final qu’un grossier montage entre un nasille d’Halimède et un babouin des alpes mercuriennes).

Domestiqué depuis des siècles par l’habitant local, le peuple des Eléphants-Nains (dont la taille s’approche de la nôtre), ils sont dociles et corvéables à merci, tout autant que puissants et endurants, ce qui explique leur emploi systématique dans les grands gisements chocolatiers dont l’abrupt escarpement interdit l’usage de véhicules mécanisés. L’exploitation de la Tache Rouge de Jupiter, fabuleuse réserve quasiment à ciel ouvert de cacao, en utilise à elle seule plusieurs milliers.

On a pu, ici et là, être choqué par les révélations de l’écrivain et astrologue William Chaney, décrivant dans plusieurs brûlots les sordides conditions de travail de ces humanoïdes et le fort taux de mortalité dans les mines, de la même façon que la grande querelle théologique de l’été 1879 entre l’évangéliste Las Casas et le chanoine Sépuvalda, ébranla l’Inquisition et troubla jusqu’aux plus hautes sphères de la cour d’Espagne, il ne faut néanmoins pas se voiler la face : La sacro-sainte tasse de chocolat jupitérien (au goût divin!) est devenue rapidement, depuis son introduction terrienne en 1863, la tradition immuable du Five O’Clock en Grande Bretagne et l’utilisation de la coque de cacao extra-terrestre dans les moteurs à vapeur de toute notre industrie (rappelons que son rendement huit cent fois supérieur a quasiment mis au rebut les mines de charbons et tué dans l’œuf l’essor naissant du pétrole terrestre) font du monopole espagnol sur le chocolat jupitérien (et à une moindre mesure sur celui de ses satellites) une donnée majeure dans la course à l’énergie, devant laquelle les interrogations morales s’inclinent.

 

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Préparatifs de Son Excellence le Grand-Duc Buzzati, du Royaume des Deux-Siciles, pour l’expédition du désert des Taar-Taars, Telesto, dix-septième lune de Saturne, 28 janvier 1872

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50×65

encre

                Estimé et respecté dans toute la péninsule italienne, le Grand-Duc Buzzati, dont le rôle lors de la fameuse invasion des ours en Sicile qui provoqua la panique jusqu’à la Scala de Milan est bien connu, fut l’un des principaux artisans de la pacifique unification du Royaume des Deux-Siciles à l’Italie en 1861. Rejoignant dès 1860 les piémontais garibaldiens et leur révolution, négociant pied à pied, il permit ainsi à son pays d’éviter des troubles sanglants et une désagrégation brutale de la prospère économie locale. On fit appel à nouveau au grand homme en 1872 sur l’enclave italienne de Telesto bordant le désert des Taar-Taars, peuple saturnien semi-nomade, dont les transalpins assuraient alors le protectorat. Les bédouins humanoïdes à oreille frontale, peuple doux et primitif, réclamaient à grands cris depuis plusieurs mois l’aide de leurs colonisateurs afin de venir à bout du fléau décimant leur population, un gigantesque squale des sables qu’ils appellent le K. Parti à sa recherche à la fin du mois de janvier 1872, on n’a plus jamais revu par la suite l’aristocrate sicilien. Son neveu, Tancredi Drogo, alors tout jeune caporal des zouaves pontificaux et aujourd’hui capitaine du fort telestien de Bastiani, y attend depuis lors le retour de son oncle pour le chérir ou, à défaut, l’apparition sinistre de l’aileron du maudit K pour le venger.

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1887 : Lord Greystoke

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40×50

encre

La singulière histoire de Lord Greystoke est bien connue mais elle ne laisse pas de frapper les esprits : jeune singe mangani mercurien dont les parents périrent dans l’accident de leur aéronef, il fut recueilli par lady Greystoke, veuve du regretté pair d’Angleterre, qui l’éleva comme son propre enfant. Le jeune orphelin, modelé par les plus fameux précepteurs du royaume, s’intégra si bien à son nouveau milieu, grâce à une intelligence vive et une élégance innée, qu’il put, dès 1855, reprendre le siège vacant de son père d’adoption à la chancellerie de l’échiquier. Marié en 1872 à l’américaine Jane Porter, dont la récente grossesse fait le bonheur des gazettes mondaine , il envisage de créer l’année prochaine, au sein du Cosmos Club, la National Geographic and Spatial Society, dans le but d’encourager les découvertes géographiques et la préservation des cultures du système solaire.

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1887 : berger dalmate, Methone, lune de Saturne

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30×40

encre

Afin de purger les interminables troubles causés par les nationalistes divers de la véritable mosaïque que compose leur empire, les Austro-hongrois décidèrent, entre 1869 et 1871, de pratiquer une déportation en masse de leurs ressortissants les plus turbulents sur leurs possessions lunaires saturniennes: exil des Slovènes sur Palène en 1869, des Croates sur Egéon en 1870 et des Dalmates sur Methone en 1871.

Ces derniers, rudes montagnards aussi bien que hardis marins, surent le mieux s’acclimater à l’hostilité farouche de leur satellite inhospitalier.

Le faible potentiel agricole des sols et la disparition rapide des chèvres terriennes emportées avec eux leur fit envisager, avec succès, la domestication puis l’élevage du seul représentant de la faune locale, le MoutiMout à dorsales, animal doux et placide, dont les crottes sphériques possèdent un fort pouvoir hallucinogène lorsqu’elles sont séchées puis mélangées à du tabac.

En 1876, un employé des douanes new-yorkaises, Herman Melville, ayant emporté malgré lui dans ses poches des morceaux d’excréments de Moutimout confisqués sur le « White Whale », vaisseau interstellaire de contrebande, eut l’idée de demander à sa femme de les émietter et de les mélanger au gâteau traditionnel dominical qu’elle était en train de confectionner. C’est ainsi que naquit le « Space Cake », dessert roboratif ayant peu à peu remplacé les habituels biscuits de marine  au sein des équipages de long-courriers spatiaux.

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1887 : Marin pêcheur de Roscoff adossé à l’un des vestiges mécanisés du 10eme Prince of Wales Spatial & Armoured Pathfinder Regiment, Région désertique des grands lacs sulfurés, Mercure

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30×40

encre

             Au commencement de la colonisation spatiale, l’Amirauté fit grand usage de machines d’exploration afin de défricher les terrains hostiles ou inconnus. Lourdement armés et blindés, commandés par télégraphie sans fil depuis une base en orbite, ces Dreadnoughts furent fabriqués, du Mark I au Mark VII, par deux sociétés distinctes, Lee et Enfield, qui envisagèrent un temps de s’associer d’une manière plus formelle pour former une manufacture d’armes dominant le marché britannique. Les incidents mercuriens du mois de mars 1859, dont le souvenir est encore si douloureux dans les chaumières anglaises qu’il est inutile ici d’en raviver la mémoire, sonnèrent le glas des robots semi-autonomes, anéantis en l’espace de quelques minutes par l’assaut féroce d’une escouade de moules marinières révoltées.

Ils furent remplacés l’année suivante par des troupes humaines aguerries et entrainées, mieux à même de réagir en temps réel aux situations de crise vécues lors des combats.

Depuis le concordat de 1863 sur les enclaves extra-territoriales des colonies du système solaire, la région désormais pacifiée des grands lacs sulfurés, patrie des moules marinières mercuriennes, est administrée conjointement par un conseil des sages local et la société mixte des marins marchands  français du Finistère et du Cotentin.

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1887 – Sergent-Major porteur de Gloubasson déimoninien à clef de fa, 3eme Régiment de musique de marche de l’artillerie française portée

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21×29.7

encre

La complexité des instruments de musique des indigènes du nord de Deimos, à la fois à vent, à cordes et à percussion, ont laissé perplexe plus d’un musicologue averti depuis leur découverte en 1863, jusqu’à ce qu’on se rende compte que le concept de mélodie, au sens terrien, n’entrait absolument pas en ligne de compte lors de leur utilisation. Il s’agit, pour les deimonieins, uniquement de produire le son le plus fort possible, sans se préoccuper aucunement d’harmonies, comme l’a démontré en 1882 le jeune compositeur Debussy, auteur de plusieurs oeuvres pour cet instrument dont le maniement exige rigueur et force physique. Le Gloubasson est adopté en 1883 par les instrumentistes de l’artillerie impériale française, car il leur permet enfin de jouer lors des combats sans être recouverts par le bruit des canons, répondant ainsi à leur devise « la musique adoucit les meurtres ».

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3ème Régiment Etranger Spatial, Appolinaris Patera, Terra Cimmeria, Mars

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40×50

encre & aquarelle

Crées au sortir de la guerre de Crimée, les régiments de l’espace de la Légion Etrangère, troupe d’élite accueillant en son sein des soldats issus de toutes les races & ethnies du système solaire et utilisant habilement leurs capacités et particularités, se sont, sur tous les champs de bataille, couverts de gloire. Décisifs lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la pacification de la partie française de Mars, leur fait d’arme le plus marquant demeure néanmoins la bataille de Kam-Herone, lors de la désastreuse deuxième campagne de Phobos : le 30 avril 1863, les 62 légionnaires spatiaux du capitaine Danjou, retranchés dans un fort provisoire, résistent héroïquement aux assauts répétés  de 2000 cavaliers orcs. Au soir de la bataille, ne restent que 6 survivants, dont l’adjudant Sauser qui put raconter leur exploit militaire. Depuis cette date, la tentacule du capitaine Danjou, neptunien d’origine mais français de cœur, seule relique retrouvée de son sacrifice suprême, et conservée et vénérée par la Légion.

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Metis umbrielien se préparant à sa rude journée de travail

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A la notable exception des Garibaldiens, connus pour leur liberté de moeurs toute latine, les nations colonisatrices découragent et désapprouvent les relations et transports amoureux entre terriens de souche et extra-terriens.

Parfois, la physiologie autochtone particulière suffit à établir formellement cette interdiction; c’est le cas par exemple, et sans qu’on ait besoin longtemps de s’éterniser sur un sujet déplaisant, des amibes proto-aminées peuplant les océans internes saturniens ou des Glumiers mercuriens dont le massicot interne est par nature dissuasif, mais dans certains cas où l’impasse physique est moins flagrante, notre société se doit de réagir avec toute la fermeté nécessaire :

On a fait grand bruit dans les salons à la mode de la condamnation du dandy Oscar Wilde pour outrage aux bonnes moeurs après avoir été surpris l’an dernier par un douanier gallois en la galante compagnie d’un Karakas Magicoulien de piètre moralité. Ses avocats tentèrent en vain d’ébranler la cour en évoquant lors de leurs plaidoiries la particularité amazone et la relative tolérance avec laquelle la couronne traite leurs rapports avec les troupes en garnison mais il a été de manière indiscutable démontré par l’avocat général Queensbury qu’elles sont de souche antique terrestre, ce qui les fait ipso facto exclure de la jurisprudence spatiale généralement appliquée.

Des métis naissent parfois de ces illusoires et éphémères unions et leur sort de ces mulâtres n’est guère enviable : rejetés et ostracisés par les deux communautés hétérogènes dont ils sont issus, seuls les travaux les plus vils et les plus méprisables leur sont dévolus; ainsi beaucoup deviennent courtiers en assurance ou, comme celui représenté ici, éplucheurs au sabre d’oignons géants neptuniens, deux professions générant bien des larmes amères.

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Sir William Chapman, Baronnet de Killua Castle, Weastmeath, révolte gallinacée de Desdemona, 10ème lune d’Uranus

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24×30

pointe feutre & aquarelle

Officier de la section renseignement des services secrets militaires britanniques, Sir William Chapman est envoyé au printemps 1816 dans le secteur désertique desdémonien, tenu d’une main de fer par les ottomans. Sous le fallacieux prétexte de fouilles archéologiques, il doit en fait rendre compte de l’activité des mouvements nationalistes gallinacés et sonder leurs intentions vis-àvis de l’envahisseur turc.  Il adopte rapidement les coutumes locales, maitrisant grâce à ses talents de linguiste toutes les subtilités du caquètement. La clarté de son regard lui vaut auprès des volailles indigènes le surnom de « poule aux yeux d’or ». Outrepassant sa mission, il tente d’unfier les tribus locales autour du projet fou d’un grand royaume poulet indépendant. Il rallie les Gélines, Bantams, Gallinettes et Bassettes et mène à leur tête une impitoyable et incessante guerilla sur les arrières ottomans.

Capturé par ses derniers lors de l’échec de l’assaut d’une forteresse ennemie, maltraité par ses geaoliers et forcé de pondre pour ne pas être démasqué, il s’évade mais restera marqué par cet épisode traumatisant. Il est finalement relevé de ses fonctions en 1877, après le traité de capitulation de la Sublime Porte qui se retire de la lune uranienne.

Chapman, anobli par la reine, décoré de l’Ordre du bain et du poulailler d’argent, peine à se réaclimater à son Irlande natale. Retiré dans le château familial de Killua, toujours vêtu de son éternel costume pied-de-poule, il entreprend alors la rédaction de son chef d’oeuvre, à la fois ouvrage philosophique et livre de cuisine : « les sept pilons de la sagesse ».

L’ancien ami de la volaille trouve la mort en 1883, abattu de plusieurs coup de fusil dans son jardin par un voisin excédé par le vibrant cocorico qu’il aimait à pousser chaque matin avec nostalgie.

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Vol intérieur 102 Bouthan Hairways, Titania, deuxième lune d’Uranus

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50×70

aquarelle, encre, crayons couleurs et pastels

Depuis la libéralisation économique du ciel titanien en 1878, de nombreuses compagnies aérostières se disputent âprement le vaste marché intérieur du transport de fret et de passagers.

A l’instar du leader du marché, la compagnie bouthanaise, la plupart ont choisi l’ours géant local, doux, endurant et facilement apprivoisable grâce à son appétence pour la sardine terrienne, véritable gourmandise pour le plantigrade. Planant sur de très grandes distances grâce aux longs poils chevelus de ses pattes, ce moyen de transport sûr et peu onéreux est surnommé Hairbus à 380 (le chiffre indiquant en tonnes la capacité maximale d’emport de l’animal).

On a vu apparaître ces dernières années un concurrent américain venu contester l’hégémonie ursinée de Titania, un gigantesque ressort mécanique se déplaçant par bonds vertigineux, plus délicat à manier et réservé aux voyageurs amateurs d’emotions fortes, dont le nom est inspiré du bruit relatif à son mode de fonctionnement original : le Boing. Sa charge utile de 747 tonnes est un atout certain mais gageons que le transport animalier a encore de belles années devant lui sur la deuxième lune d’Uranus.

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1887 : Révolte des Sheep-Eyes

1887 : Révolte des Sheep-Eyes dans 1887, uchronie en bande-dessinée 25m003-744x1024

24×30

Dans les années 1850, l’enrôlement massif de troupes indigènes mercuriennes au sein de régiments de la Couronne atteint son apogée, avec le chiffre de 250 ooo, soit près de neuf fois plus que celui des troupes régulières britanniques des Queen’s Regiments. On distingue deux contingents autochtones principaux : les Sheep-Eyes du Nord, à tâches bleues sur peau blanche, de confession Popoane, et les Sheep-Eyes du Sud, à tâches blanches sur peau bleue, de confession Papaone.

En 1857, le bruit court parmi les troupes que les cartouches réglementaires du Lee-Enfield en dotation sont livrées en boîtes de douze; or pour la religion Popoane, le chiffre douze est formellement proscrit et sacrilège puisqu’il s’agit du nombre de mamelles de la prophétesse Eldafie. Pour les Papaones, la prononciation mercurienne du mot  » douze », « Oille » peut aussi signifier :  » Que la glotte moisie de ton Dieu s’enfonce dans sa gorge purpurine et l’étouffe dans sa crasse naturelle, telle une pamisva à ailes rouges forniquant avec deux gralumiers à rameaux« , ce qui constitue une des plus graves insultes théologiques. La rébellion commence au sein du 47 ème Régiment Auxiliaire de Sapeurs Mercuriens et contamine en l’espace d’une semaine la quasi totalité des troupes Sheep-Eyes.

La révolte durera quatre mois ponctué d’exactions et d’actes de barbarie, jusqu’en septembre 1857, date à laquelle les derniers insurgés seront vaincus et leurs chefs exécutés. A la suite de cet épisode sanglant, l’Impératrice Victoria nommera un vice-Roi de Mercure, Lord Darcy, dénué d’orgueil et de préjugés, qui saura restaurer la sérénité de nos colonies.

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1887 : « Pierre des âmes », désert occidental de Portia, 12ème lune d’Uranus, vestige monolithique de quartz bleu massif attribué à

1887 :

40×50

encre, aquarelle & sel

On sait peu de choses de la civilisation lémurienne antique dont les monuments, délaissés par les indigènes, sont aujourd’hui
pour la plupart ensevelis sous le sable uranien. En 1884, le jeune George Edward Stanhope Molyneux Herbert, 5ème comte de
Carnarvon, organise un vaste chantier de fouilles archéologiques et il confirme la théorie de leur origine funéraire en
découvrant la tombe du roi de Lémure Ivvklin Igrekabé à qui cet artefact gigantesque, auquel les portiens prêtent des
pouvoirs maléfiques, est consacré.
En 1886, Lord Carnarvon meurt d’une congestion foudroyante provoquée par l’absorbtion trop rapide d’un verre de curaçao trop
frais. Un de ses adjoints décède peu après de douloureuses brûlures d’estomac après avoir ingéré une caisse entière de bleu
d’Auvergne et un troisième succombe au coup porté violemment à son front par la boule de billard américaine numéro 2 qu’il
venait de frapper et qui a ricoché sur la bande. 23 autres personnes présentes au moment de l’exhumation de l’ancien
monarque lémurien trouveront une mort atroce (et bleutée) dans les années qui suivront la profanation. Il n’en fallait pas
plus pour créer et alimenter le mythe désormais célèbre d’une malédiction ancienne.

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1887 : Chaka Isandhlwana III, fils du roi zoulou Cetshwayo, prince-régent d’Umbriel, 2ème lune d’Uranus

1887 : Chaka Isandhlwana III, fils du roi zoulou Cetshwayo, prince-régent d'Umbriel, 2ème lune d'Uranus dans 1887, uchronie en bande-dessinée b569-1024x788

24×32

encre de couleur & sel

La victoire des forces zoulous contre la garnison britannique du poste avancé uranien d’Umbriel en janvier 1879 frappa de
stupeur les cours européennes pour deux raisons:
tout d’abord, il semblait alors inconcevable qu’une troupe professionnelle équipée d’armes modernes soit défaite, même en
infériorité numérique, par des guerriers dotés d’armes ancestrales, faiblesse il est vrai compensée par l’astucieuse
utilisation de contingents d’Impondozankomos, indigènes géants dont les cornes gigantesques firent des ravages dans les
rangs de nos troupes coloniales.
Mais surtout nul en Europe n’imaginait qu’une nation africaine serait capable d’assimiler aussi rapidement la technologie
nécessaire à l’exploration et à la conquête spatiale.
Depuis 1885 sous le joug zoulou du jeune et cruel Chaka Isandhlwana III, la lune d’Uranus s’est, dès le début, bâtie sur une
stricte séparation, voulue par les colonisateurs noirs, entre races terriennes et extra-terriens, ces derniers, considérés
comme citoyens de seconde zone dénués de tout droit, étant réduits à des tâches subalternes et mis à l’écart par la classe
gouvernante zoulou, position politique d’exclusion qui, l’avenir nous le dira, s’averera forcément difficile à tenir.

 

 

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L’explorateur Richard Francis Burton, le 17 avril 1864 à Phlegra Montes (Mars), prenant un repos bien mérité sur un rocher, lors de la première expédition infructeuse à la recherche de l’insaissable koala à bonnet, le « petit bleuté de la montagne »

L'explorateur Richard Francis Burton, le 17 avril 1864 à Phlegra Montes (Mars), prenant un repos bien mérité sur un rocher, lors de la première expédition infructeuse à la recherche de l'insaissable koala à bonnet, le

24×32

crayon

Une légende martienne raconte que, sur les hauteurs des Monts Phlegra vit, retranché dans une inexpugnable forteresse, un
petit koala turquoise, affublé d’un bonnet disproportionné, qui règne d’une main de fer sur une secte de disciples, les
Koalachischins, montagnards superstitieux qui le vénèrent comme une divinité et seraient prêt à offrir leur vie sans la
moindre hésitation pour celui dont on ne murmure le nom qu’avec crainte : le petit bleuté de la montagne.
Ce mystérieux prophète, que l’on confond parfois avec une inoffensive peluche, professe une religion particulière, le
koalisme, variante régionale du soufisme, basée sur l’observation stricte de cycles de sommeil longs.
Doté d’un caractère irascible et d’une volonté inébranlable de domination de la planète rouge, le marsupial bonneté envoie,
à la plus petite contrariété (et elles sont nombreuses, tant le fait constant qu’on le prenne pour un ourson en peluche le
plonge dans d’irrépressibles accès de fureur) ses séides disiplinés à l’assaut de ses ennemis.
Heureusement, les assassins fanatisés, tenus par leur doctrine religieuse de dormir 21 heures par jour, ne sont guère
efficaces.
En 1864, l’aventurier controversé Richard F. Burton, connu pour avoir, en compagnie de son cartographe Philip-Jose Farmer,
remonté et exploré sur Venus 5 ans auparavant le fleuve Eternité jusqu’à sa source, tenta en vain malgré plusieurs
coûteuses expéditions dans les rocheuses martiennes, de trouver une trace probante du légendaire petit bleuté de la montagne.

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Plan de gréement et de voilure de « La Fulminante », frégate stellaire française cuirassée d’escorte à voiles solaires inversées et à propulsion mixte de la classe « Robert Surcouf »

Plan de gréement et de voilure de

50×70

encre

La lutte contre les vaisseaux barbaresques infestant les grandes lignes commerciales sidérales et pillant sans vergogne les
navires marchands désarmés est une constante préoccupation de nos marines nationales.
Au printemps 1868, les actes répétés et impunis de piraterie envers ses gallions de transport contraignirent la Compagnie
Castillane des Fèves & Cacao de Jupiter à faire cesser ses approvisionnements à destination de l’Europe.
La pénurie soudaine de chocolat au mois de mai provoqua alors de violents troubles sociaux; à Nanterre, les étudiants
révoltés occupèrent l’université et lancèrent des appels à la grève générale. Pour apaiser le climat social tendu, le
gouvernement français décida de prendre sur ses stocks stratégiques et fit distribuer à la population l’ensemble des rations
de pâte à tartiner des équipages de la flotte spatiale, ce qui permit le retour au calme.
Bien décidée à en finir une fois pour toute avec la flibuste, la France dépêcha une frégate stellaire armée, « la Fulminante »,
fleuron de sa marine, aussi à l’aise, grâce à son ingénieux système de voiles à vent solaire réctractable et sa propulsion
secondaire à vapeur, dans les vide intersidéraux que dans les fleuves planétaires.
Aux abords des lunes martiennes, l’équipage découvrit qu’il n’y avait pas de pâte à tartiner chocolatée dans les soutes et
une mutinerie éclata. Les mutins prirent alors le contrôle du vaisseau et la frégate bat depuis ce temps pavillon noir sous
le nouveau nom de : « Amertume du cacao ».

 

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1887 : Rencontre entre le journaliste Henry Morton Stanley et le docteur David Livingstone sous un Kwaquier géant, Jungle mercurienne occidentale, 10 novembre 1871

1887 : Rencontre entre le journaliste Henry Morton Stanley et le docteur David Livingstone sous un Kwaquier géant, Jungle mercurienne occidentale, 10 novembre 1871 dans 1887, uchronie en bande-dessinée hpim0262a-1024x733

50×70

encre (plume)

Le docteur Livingstone, mandaté par la Royal Spatial Geographical Society, monte en mars 1866 une expédition afin de
cartographier la région mercurienne encore inexplorée de Caloris Planitia et de découvrir les sources du grand fleuve
Celsius. L’aventure tourne mal et il est abandonné par ses porteurs indigènes en pleine jungle. Par chance, il est recueilli
par une tribu de Kwaques, qui, fascinés par ses bretelles, le soignent et l’adoptent comme un des leurs.
Stanley, reporteraméricain du New York Herald, parti à sa recherche, le retrouve en 1871 et les deux hommes entament une
conversation qui reste dans toutes les mémoires, grâce aux nombreux articles qui la relatèrent :
« _  Docteur Livingstone, je présume ?
 _  Hein ?
 _  Je dis : Docteur Livingstone, je présume ?
 _  J’entends rien, vous êtes trop loin
 _  Ne bougez pas, je vais chercher une échelle. « 

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Moulins à voiles solaires du comptoir hollandais d’Elara, 7eme lune de Jupiter, par V. Van Gogh, 1886

Moulins à voiles solaires du comptoir hollandais d'Elara, 7eme lune de Jupiter, par V. Van Gogh, 1886 dans 1887, uchronie en bande-dessinée p1040002-1024x698

24×30

acrylique

Limitée militairement, la Maison d’Orange a opté, dès 1855, pour une politique commerciale plutôt que colonisatrice,
reposant sur la signature de traités de reconnaissance mutuelle avec les populations extra-terrestres et l’ouverture, sur de
nombreuses planètes, de comptoirs de libre-échange de marchandises, de matières premières et de technologie, ce qui est à
l’origine de la brouille diplomatique avec l’Espagne, qui reproche aux enclaves de Guillaume III de fournir, notamment sur
les lunes Galiléennes, un accès aux matériels de guerre européens de premier ordre (le fusil chassepot français de 66 ou
l’obusier sans fumée du prussien Krupp) aux autochtones, de nature à bouleverser les rapports de force entre colons et
colonisés.
Plus anecdotique, le comptoir hollandais d’Elara, administré avec dynamisme, par l’amsterdamois Théo Van Gogh, et devenu
mondialement célèbre grâce au tableau de son frère Vincent, peintre en vogue chez les galleristes parisiens, qui a fait de
ses grands moulins à voiles solaires un de ses sujets de prédilection.

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Oracle Kree pandoréenne du culte atlante du grand esprit du serpent a plumes

Oracle Kree pandoréenne du culte atlante du grand esprit du serpent a plumes dans 1887, uchronie en bande-dessinée b547-1024x721

24×30

encre & aquarelle

On vient de tout le système solaire sur la 17ème lune de Saturne pour consulter les prétresses indiennes, dont la réputation
de divinatrices, quoique récente, s’est propagée comme une trainée de poudre. Installées sur Pandore après la perte de leurs
terres ancestrales terriennes à la suite des traités de 1857 et 1862 du gouvernement américain avec la Fédération Atlante,
les nations amérindiennes se sont rapidement adaptées au rude climat saturnien, confirmant avec ironie la célèbre maxime
du président Grover Cleveland selon laquelle « un bon indien est un indien spatial ». Le culte local s’est fondu avec les
antiques traditions chamaniques, comme lorsque les expéditions atlantes du commandant Kiukiul-Khan touchèrent les côtes de
l’Amérique Centrale et y aidèrent les autochtones encore primitifs à fonder les empires aztèque ou maya ou lorsque, à la
suite de la chute de leur colonie terrienne, l’Atlantide, ils s’établirent, aux environs du troisième millénaire avant JC
en Egypte et n’en repartirent que quand l’achèvement des pyramides leur permit de retourner sur leur planète natale.
Parmi les plus célèbres prédictions Krees, notons l’annonce la défaite des armées ottomanes face aux troupes irrégulières
Troglostilotes uraniennes en 1869, l’attentat manqué des nihilistes russes contre le Tsar Alexandre II en 1880 et la
commercialisation de la gomme à mâcher en 1872. Parfois sybillines et sujettes à diverses interprétations, elles fascinent
jusqu’aux grands de ce monde : on murmure que le Prince Albert, petit-fils de Sa Gracieuse Majesté la Reine Victoria, a pâli
en écoutant l’oracle pour l’année à venir, annonçant qu’une ombre nocturne aux lames brillantes rougirait de sang la chapelle
blanche, ce que les différents exégèses et théologiens peinent encore à expliquer convenablement.
Gageons néanmoins en tout état de cause que notre cher Union Jack flottera toujours aussi fièrement en 1888.

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Derniers moments du détachement mobile du Deuxième Bataillon Hambourgeois de la Ligue Hanséatique rattaché au 76 ème Régiment Prussien d’Infanterie, 8 décembre 1869, Passiphaé, huitième lune de Jupiter

Derniers moments du détachement mobile du Deuxième Bataillon Hambourgeois de la Ligue Hanséatique rattaché au 76 ème Régiment Prussien d'Infanterie, 8 décembre 1869, Passiphaé, huitième lune de Jupiter dans 1887, uchronie en bande-dessinée hpim0209g-1024x730

50×70

encre (plume)

 Peu étudié à l’époque, le Gloutotorobéllique passiphaen présente des caractéristiques qui le placent tellement à
part dans le règne animal qu’il fallut au naturaliste japonais Hayao, qui le découvrit, lui créer de toutes pièces un ordre
nouveau, celui des Phulatophages (du grec « phulatos« , garder et « phagos« , manger). Le mammifère jupiterien, d’une taille
et d’un poids relativement modestes à la naissance, ne possède pas de système digestif évacuatoire (nous ne nous
étendrons pas plus en détail sur le sujet, pour des raisons de convenances); il conserve donc toute la nourriture ingérée
et grossit avec les années d’une façon continue et exponentielle, jusqu’à l’explosion finale prévisible, définissant son
espérance de vie aux alentours de 27 années terriennes.
 Démuni d’armes lourdes, le détachement qui tomba sur un père et son petit avait peu de chances d’en réchapper.
Cette terrible déconvenue marqua la fin pour la Prusse de sa tentative de colonisation d’une partie du système solaire
et est souvent présentée comme un signe avant-coureur de la débâcle de 1870, où, après une guerre éclair, elle subit une
lourde défaite face à l’armée française de l’Empereur Napoléon III (notamment à la bataille de Frœschwiller-Wœrth,
lorsque les troupes prussiennes furent balayées par les cuirassiers dits de Reichoffen appuyés par le Premier Régiment
de la Légion Etrangère Spatiale), provoquant la fuite et l’exil du chancelier Bismarck. Après une telle déroute,
la possibilité d’une menace allemande sur l’Europe semble, pour les observateurs reconnus des Etats-Majors, une hypothèse
fantaisiste, au moins pour le siècle à venir.
 Pour l’anecdote, en 1885, un jeune restaurateur du Wisconsin, Charlie Nagreen, rendit hommage à sa manière
aux valeureux soldats de Hambourg tombés au champ d’honneur en inventant une variante de notre sandwich qui connut un temps outre-atlantique un certain succès avant que la mode n’en passe : le hamburger.

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1887 : Chaman de la tribu des Guerriers Gorgones Galatéens, Ligue Rebelle Océanique de la Première Revolte Benthique Neptunienne (1862-1864)

1887 : Chaman de la tribu des Guerriers Gorgones Galatéens, Ligue Rebelle Océanique de la Première Revolte Benthique Neptunienne (1862-1864) dans 1887, uchronie en bande-dessinée b530-716x1024

21×29.7

crayon

 

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Tecsu-Më VIII le Tacheté, dernier souverain du clan unifié des Polybrachiaux à symbiose carpée d’Adrasthée, quinzième Lune de Jupiter

Tecsu-Më VIII le Tacheté, dernier souverain du clan unifié des Polybrachiaux à symbiose carpée d'Adrasthée, quinzième Lune de Jupiter dans 1887, uchronie en bande-dessinée b532-727x1024

24×30

encre (plume)

Dernier descendant en date d’une longue lignée dynastique marquée par un trop fréquent recours à la consanguinité, Tecsu-Më
VIII dirige d’une main molle l’Empire Carpien de la quinzième lune de Jupiter lorsque les premiers gallions espagnols y
débarquent en 1861.
Trompé par l’antique prédiction locale, annonçant que « des hommes à quatre membres viendraient du ciel pour apporter le
bonheur à son peuple », le souverain placide accueille l’invasion avec une bonhommie teintée d’idôlatrie.
Les modernes conquistadors, adoucis par la facilité de leur conquête, sympathisent bientot avec ces autochtones qui restent
étonnamment bien disposés à leur égard, malgré les inévitables pillages et les nombreuses exactions qui caractérisent
toujours les premiers contacts entre européens et indigènes inférieurs.
Les convoitises envers les immenses réserves de cacao fin (le fameux « El Chocolado« ) d’Adrasthée et une obscure querelle
théologique entre franciscains de Galice et prêtres locaux à propos de la croix de Lorraine que les polybrachiaux, pour des
raisons logiques, souhaiteraient pouvoir adopter, et que la Sainte Inquisition règle rapidement en multipliant les bûchers
spectaculaires, font, au fil des mois dégenerer la situation entre la fière et dominatrice Espagne, sûre de son droit, et le
peuple doux et pacifique de la lune jupiterienne.
Voyant son peuple peu à peu réduit à la servitude et son pays mis en coupe réglée par les envahisseurs, Tecsu-Më VIII, ne
parvenant pas à se pardonner sa tragique erreur de jugement initiale, met fin à ses jours en se jettant dans une cuve
chauffante de chocolat en cours de cristallisation à 43°.

 

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Capitaine de la cavalerie lourde de la garde prétorienne amazone de Venus, bataille des hauts-plateaux de Tessera Fortuna, 12 janvier 1885

Capitaine de la cavalerie lourde de la garde prétorienne amazone de Venus, bataille des hauts-plateaux de Tessera Fortuna, 12 janvier 1885 dans 1887, uchronie en bande-dessinée hpim0164a5-1024x755

 50x7o

encre (plume) & aquarelle

Malgré quelques révoltes sporadiques, les rapports entre la Grande-Bretagne et la nation amazone demeurèrent longtemps,
quoique parfois tendues, relativement amicales. Les troupes écossaises, stationnées à la frontière, se prêtaient de bon
coeur, et souvent même avec l’enthousiasme des garnisons, aux coutumes du pays nécessitant, pour la démographie de ce peuple
matriarcal, l’adjonction à intervalles réguliers de géniteurs mâles.
En 1881, le nouveau gouverneur local, Edward Rochester, dont le caractère ombrageux était heureusement tempéré par la douceur
de son épouse Jane, parvint grâce à une habile politique commerciale et une diplomatie conciliante à perpétuer le status quo
en vigueur. Las, la rumeur persistante qu’il emprisonnait dans une des tours de son manoir vénusien sa première épouse enfla
et le ressentiment grandit dans la population occupée, choquée d’un tel traitement infâmant envers leur sexe et transforma
la région en poudrière. En hiver 1884, échauffées par la suffragette Hubertine Auclert, tout juste arrivée de Paris et
ravitaillées en armes par un trafiquant et aventurier français notoire, Arthur Rimbaud (ce qui laisse penser à une
intervention en sous-main de l’empire français), les amazones se soulevèrent et commencèrent à mener une couteuse guerilla
envers la Couronne.
La bataille rangée de Tessera Fortuna constitua un véritable tournant dans cette guerre d’usure; d’abord favorable à nos
troupes, la fortune des armes changea de camp à la suite de la défection du 9ème Régiment de Hussards impériaux du Cheshire
et la perte de notre artillerie qui en découla, qui permit aux rebelles d’attaquer nos forces depuis les hauteurs.
Les charges répétées de la cavalerie lourde amazone ébranlèrent le moral de notre armée et finirent par emporter nos lignes,
malgré leur résistance desespérée, ne laissant à l’issue du combat que quelques survivants Gurkhas hébétés sur le champ de
bataille.
La nouvelle de cette cuisante défaite frappa l’opinion publique à tel point que Sa Majesté Victoria fit venir à Londres en
mars 1886 une délégation autour de la Reine amazone Boadicée afin de signer un armistice et un accord de paix leur octroyant
une autonomie certaine au sein du dominion vénusien.

Ordre de bataille du 12 janvier 1885 :

Grande-Bretagne       

2nd (Prince of Wales’ Own) Gurkha Regiment (Sirmoor Rifles) 
23rd Regiment (Punjab) Bengal Infantry (Pioneers)  
9th Imperial Hussards of Cheshire (Venusian Cat-People Brigad) 
60th rifles        
92nd Highlanders       
6/8 Royal Artillery

Nation amazone

1ère division de la cavalerie lourde de la garde prétorienne
8ème régiment de cavalerie légère
2ème régiment d’infanterie « Hélèna »
4ème régiment d’infanterie « Athèna »
1ère brigade de tricoteuses (forces spéciales)
5ème escadron d’aérostat de transport

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1887 : Eleveur de Bicéphales aquilins des steppes despiniennes de Neptune

1887 : Eleveur de Bicéphales aquilins des steppes despiniennes de Neptune dans 1887, uchronie en bande-dessinée HPIM0121i-745x1024

50×70

encre (plume & pinceau)

Notre cuisine anglaise est souvent raillée sur le continent mais la gastronomie réputée la plus exécrable de tout le
système solaire se trouve sur Despina.
Elevés au biberon depuis le plus jeune âge par les nomades, les bicéphales aquilins leur servent de montures ailées et leurs
oeufs aigres, que l’on consomme pourris, leur permettent de survivre au rude climat et à la végétation désolée grâce à
l’omelette à la tourbe sèchée, plat national de la lune uranienne, à l’ingestion duquel seul un estomac solide peut resister.
Depuis la colonisation spatiale russe et austro-hongroise, dont l’aigle à deux têtes est l’emblème, l’espèce est protégée,
mais les despiniens préfèrent braver l’interdit plutôt que de renoncer à leur mets favori (d’autant plus que le seul autre
plat de la gastronomie locale est le ragoût de galets tranchants au bain de pieds sales)

 

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1887 : Loen-Kinä

1887 : Loen-Kinä dans 1887, uchronie en bande-dessinée HPIM0090-754x1024

50×70

encre (plume)

 His dead are in the churchyard-thirty generations laid.
Their names were old in history when Domesday Book was made;
And the passion and the piety and prowess of his line
Have seeded, rooted, fruited in some land the Law calls mine.

Not for any beast that burrows, not for any bird that flies,
Would I lose his large sound council, miss his keen amending
eyes.
He is bailiff, woodman, wheelwright, field-surveyor, engineer,
And if flagrantly a poacher-’tain’t for me to interfere.

Rudyard Kipling – The Lande

Si l’imagination fertile de nos poètes romantiques s’est enflammée pour ce hors-la loi uranien, c’est que son destin
s’y prête bien : A 17 ans, frèle adolescent, il assista, impuissant, au massacre de tout son village par une unité de
soudards mamelouks. Horrifié, il vit le chef de la troupe irrégulière turque arracher le coeur de sa promise et l’emporter
dans sa gibecière. Il rejoignit alors les rangs de l’Armée Républicaine de Libération où, brûlant d’amertume, il combattit
sans pitié les troupes ottomanes occupant la lune desdémonienne.
Lorsque, à bout de ressources, la Résistance négocia sa reddition, il refusa de déposer les armes et poursuivit seul son
implacable vengeance en bandit solitaire semant la mort sur son fidèle destrier bipède.
La légende raconte qu’il retrouva un par un les assassins des siens et les abattit d’une flèche implacable et mortellement
précise de son arc électrique mais que le capitaine turc parvint à lui echapper et qu’il continue inlassablement à le
rechercher à travers tout le pays.
Insaisissable et determiné, il fut plusieurs fois donné pour mort sans que l’on puisse vraiment identifier son cadavre de
manière formelle.
Les paysans desdémoniens, qu’il protégea des abus de l’armée ottomane, racontent qu’il n’aura de cesse d’accomplir
sa vendetta et qu’il ne prendra de repos que lorsque le coeur aimé de sa fiancée regagnera le sol de sa terre natale.
On prétend aussi que certains matins, sur la lande, on aperçoit à travers la brume la silhouette fantômatique d’un cavalier
mélancolique qui disparait à la vitesse du vent, ne laissant derrière lui que l’écho des glougloutements de sa monture.

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